Spécialité
Syndrome d'hyperventilation
Rééducation respiratoire du syndrome d'hyperventilation : essoufflement, oppression thoracique, vertiges et fourmillements liés à une respiration inadaptée.

Vous êtes essoufflé, votre cœur s’emballe, vos mains fourmillent. Vous consultez, on vous examine : les poumons sont sains, le cœur aussi. Ce tableau déroutant est fréquent et porte un nom, le syndrome d’hyperventilation.
Que se passe-t-il exactement ?
Le syndrome d’hyperventilation (SHV) est un trouble du schéma respiratoire : on respire trop, trop vite ou trop haut par rapport aux besoins du corps. Cette respiration excessive chasse trop de dioxyde de carbone, ce qui suffit à provoquer des symptômes bien réels : oppression thoracique, vertiges, fourmillements des mains ou du visage, palpitations, soupirs et bâillements répétés, fatigue. Le stress entretient souvent le mécanisme ; les symptômes eux-mêmes génèrent de l’inquiétude, ce qui accélère encore la respiration. Le trouble est devenu nettement plus fréquent depuis la pandémie de COVID-19. Il touche surtout des femmes jeunes, mais personne n’est à l’abri.
Le diagnostic
Le SHV se diagnostique par exclusion : le médecin vérifie d’abord qu’aucune cause cardiaque ou pulmonaire n’explique les symptômes. Lorsqu’une maladie respiratoire est bien présente (BPCO, asthme), c’est la réhabilitation respiratoire qui prend le relais. Au cabinet, nous utilisons ensuite le questionnaire de Nijmegen, un outil validé qui quantifie les symptômes, et un test de provocation qui reproduit la gêne en conditions contrôlées. Objectiver le trouble a déjà une vertu : mettre un nom sur des symptômes qui inquiétaient parfois depuis des mois.
La rééducation respiratoire
Le traitement de référence du SHV est la rééducation. Nous réapprenons au patient à respirer lentement, par le ventre, avec le diaphragme plutôt qu’avec le haut du thorax. Ce travail rétablit l’équilibre du dioxyde de carbone et fait reculer les symptômes. Il s’accompagne d’un temps d’explication sur le mécanisme du syndrome : comprendre que les sensations viennent de la respiration elle-même, et non d’une maladie du cœur ou des poumons, aide à sortir de la peur des crises. Des exercices de contrôle du souffle sont pratiqués en séance puis repris chez soi, jusqu’à ce que la nouvelle respiration devienne un réflexe.
Les symptômes diminuent souvent dès les premières séances, et le bénéfice se maintient tant que les acquis sont entretenus.
En pratique
La rééducation du SHV se fait sur prescription médicale. Si vous vous reconnaissez dans ces symptômes, parlez-en d’abord à votre médecin traitant : il écartera les autres causes avant de vous orienter vers la rééducation.
